Numérique et santé

montre connectée

L’étude familiale E3N-E4N a l’ambition de devenir pionnière en e-épidémiologie. Dès sa conception, il a été prévu d’intégrer, pour les participants volontaires, des nouvelles technologies capables de fournir des données fines, parfois en grande quantité (big data), pour fournir aux chercheurs un complément précieux aux réponses aux questionnaires.

Plus généralement, notre étude s’intéresse aux usages du numérique par le public et à son influence sur la santé.

Décrire avec précision l’activité physique ou le sommeil

Les objets connectés sont un outil prometteur pour la recherche. En théorie, ils requièrent peu d’efforts pour les personnes qui les portent et ils pourraient décrire plus fidèlement l’activité physique, la sédentarité et le sommeil au quotidien que des réponses à des questionnaires qui forcent à faire des estimations et reposent sur la mémoire. Leurs mesures, a priori plus objectives et plus précises, pourraient éviter des surestimations ou des sous-estimations.

Valider scientifiquement cette hypothèse est toutefois indispensable et c’est un de nos objectifs. Il convient de vérifier que leur utilisation est bien acceptée et à savoir quelle catégorie de personnes les tolèrent ou les refusent. Leur utilisation durable, en continu sur plusieurs jours, voire mois, est une des conditions pour qu’ils offrent une meilleure estimation des comportements que ne le font les questionnaires. D’où l’importance de s’assurer que cette contrainte de durée est acceptable pour des volontaires.

Les participants de la deuxième génération E3N-E4N qui possèdent un objet connecté peuvent déjà, s’ils le souhaitent, partager leurs données en l’appariant à la plateforme de l’étude. Pour des raisons techniques, dans un premier temps, l’appariement n’est possible qu’avec les objets et applications Withings (l'achat des montres et ce projet sont possibles grâce à un financement de l’Inserm : l’équipe E4N n’a aucun lien financier avec l’entreprise Withings). En complément, 700 bracelets connectés seront fournis à des participants volontaires dans le cadre d’une étude pilote (voir ci-dessous). L’appariement permet de collecter le nombre de pas par jour et le nombre d’heures de sommeil.

Étudier les bénéfices de l’activité physique après un cancer grâce à une montre connectée

Une première utilisation d’objets connectés au sein de l’étude E3N-E4N porte sur les liens entre bien-être et mode de vie après un cancer du sein, dans une étude pilote composée de 700 participants et s’appuyant sur des questionnaires réguliers et les données issues de montres connectées.

 « Le nombre de personnes ayant eu un cancer augmente et la fin des traitements ne signifie pas toujours une vie exempte de problème de santé lié au cancer, souligne Douae El Fatouhi, doctorante en charge de cette étude. De tels problèmes persistent parfois jusqu’à 10 ans après. En particulier, un quart des survivants environ présentent des signes de détresse psychologique. »

Le mode de vie, en particulier l’activité physique et le sommeil, ont une influence démontrée sur le bien-être psychologique et font partie des leviers pour améliorer la qualité de vie des personnes après un cancer. Le rôle de la sédentarité (temps passé assis ou allongé) est moins précisément connu.

Cette étude permettra de décrire finement sur 8 mois l’activité physique, le sommeil et la sédentarité de participantes ayant eu un cancer du sein et l’évolution éventuelle au fil des mois de ces habitudes quotidiennes.

Cela permettra d’affiner notre connaissance de l’influence de ces habitudes sur le stress, l’anxiété et la qualité de vie. Des informations utiles pour imaginer des conseils et interventions pertinentes pour améliorer le bien-être après un cancer, notamment grâce à des applications smartphones sur mesure.

Un autre volet de l’étude portera sur le diabète de type 2. Trois sous-groupes de volontaires participeront à l’étude :

  • des femmes ayant eu un cancer du sein
  • des personnes atteintes de diabète de type 2,
  • des participants sans maladie particulière.

>>Informations aux participants intéressés

 

Une influence bénéfique potentielle sur la santé

Plusieurs outils numériques visent à encourager l’adoption de comportements bénéfiques pour la santé. Tester leur influence réelle serait passionnant.

Sur smartphones, les applications en lien avec la santé foisonnent : pour améliorer son alimentation, perdre du poids, suivre ses progrès à la course, ou encore pour méditer dans l’espoir d’améliorer son bien-être. S’y ajoutent divers objets connectés, montres ou balances, aux fonctions multiples comme le suivi de l’activité physique ou la fréquence cardiaque.

Notre questionnaire « Le numérique et vous » vise à comprendre comment les outils numériques sont utilisés en France : à quelle fréquence, pourquoi et quelles sont les caractéristiques des utilisateurs, mais aussi des non-utilisateurs. Les études qui décrivent l’utilisation des outils numériques en lien avec la santé en France sont très rares. Tous les participants de la deuxième génération de l’étude familiale E3N-E4N sont invités à répondre au questionnaire « Le numérique et vous » sur leur plateforme de questionnaires à partir de fin 2020.

Les questions portent sur l’utilisation des :

  • Applications smartphone en lien avec la santé,
  • Objets connectés en lien avec la santé,
  • Accéléromètres,
  • Glucomètres, connectés ou non.

Ce questionnaire est une première étape indispensable avant d’analyser comment ces outils influencent ou non la santé. A plus long terme, ces analyses pourront nourrir la création de futurs outils numériques validés scientifiquement pour mieux accompagner ceux qui souhaitent adopter des comportements bénéfiques pour leur santé.

E-épidémiologie : d’autres pistes

L’étude E3N-E4N explorera d’autres méthodes de l’e-épidémiologie. Sur l’activité physique et le sommeil, si les premiers résultats sont encourageants, d’autres marques et modèles d’objets connectés pourront être étudiés. L’utilisation d’accéléromètres pourraient aussi compléter l’analyse fine de l’activité physique quotidienne des participants.

Des questions par SMS sont aussi prévues pour permettre un suivi plus régulier sans prendre trop de temps aux participants. L’étude E3N-E4N a en effet été autorisée à poser des questions par textos aux participants qui l’acceptent.

Enfin, les messages sur les réseaux sociaux intéressent certains de nos chercheurs. Ces réseaux sont en effet un lieu où certains parlent publiquement de leur santé physique ou mentale. Ils sont donc des outils potentiels pour l’épidémiologie. Il s’agit là d’utiliser les données publiques de réseaux comme Twitter ou Facebook par des utilisateurs sans lien avec les participants de la cohorte familiale E3N-E4N.