• L'épidémiologie est la science qui étudie, au sein de populations, la fréquence et la répartition des problèmes de santé dans le temps et dans l'espace, ainsi que le rôle des facteurs qui les déterminent.
    La recherche de ces « déterminants » vise, en général, à identifier des facteurs de risque, individuels ou collectifs, des maladies étudiées.
    Elle a pour finalité l’identification des causes des maladies, ainsi que l’amélioration des traitements et des moyens de prévention. Ses objectifs sont la promotion de la santé et la réduction des problèmes de santé.

  • Les épidémiologistes distinguent deux grands schémas d’études dans la recherche des facteurs de risque : les études de cohorte (prospectives) et les études cas-témoins (rétrospectives). L’étude E4N fait partie des études de cohorte prospectives.
    Les études de cohorte comparent le devenir de deux groupes de sujets : l’un exposé aux facteurs de risque analysés et l’autre non exposé. Ces études sont « prospectives » car elles suivent l’histoire d’un sujet depuis son exposition aux facteurs de risque suspectés jusqu’à la survenue éventuelle de la maladie étudiée.
    Quant aux études cas-témoins, elles comparent des individus atteints d’une maladie particulière à des témoins judicieusement choisis en ce qui concerne leurs expositions passées aux facteurs de risque d’intérêt. Ces études sont aussi appelées « rétrospectives » car elles partent du présent (la maladie) et recherchent, dans le passé, l’exposition à des facteurs de risque.

  • E4N veut dire « Étude Épidémiologique auprès des Enfants des Femmes E3N ».
    E4N est une grande cohorte prospective familiale constituée de trois générations : les femmes E3N et les pères de leurs enfants forment la génération 1 (les « grands-parents »), les enfants des femmes E3N, la deuxième génération, et les petits-enfants, la troisième.

  • L’acronyme E3N signifie « Étude Épidémiologique auprès de femmes de l’Éducation Nationale » qui a inclus environ 100 000 femmes adhérentes à la MGEN en 1990.
    Pour en savoir plus sur la cohorte prospective E3N et ses résultats scientifiques, nous vous invitons à consulter le site www.e3n.fr.

  • Pour la première génération, nous comptons déjà 98 995 femmes E3N et 20 000 pères (nous espérons en inclure 3 000 supplémentaires).
    Pour la génération 2, nous comptons suivre environ 50 000 enfants des femmes E3N, à partir de 2017.
    À partir de 2018, nous constituerons la troisième génération d’E4N en demandant aux petits-enfants des femmes E3N de participer : nous évaluons le nombre de volontaires à environ 20 000.
    Au total, l’étude E4N devrait concerner près de 200 000 personnes.

  • Nous pouvons attendre des résultats sur :

    • les causes d’apparition des grandes pathologies. L’effet du tabac ou de la nutrition est déjà bien connu. Nous recueillons des données sur le mode de vie contemporain (stress, pollution, manque d’activité physique…) pour préciser le rôle de différents facteurs dans l’apparition des principales maladies chroniques (cancer, diabète, maladies cardio-vasculaires, etc.).

    • la « pharmacovigilance », c’est-à-dire l’effet sur la santé des médicaments consommés. Rappelons ici que c’est la cohorte E3N qui a permis de préciser l’impact de différents traitements hormonaux de la ménopause sur le risque de développer un cancer du sein.

    • les prédispositions génétiques aux principales maladies chroniques.

    • les interactions potentielles de certains facteurs comportementaux ou environnementaux avec le patrimoine génétique.

     

  • La création de l’étude de cohorte E4N est financée par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), au titre des « Investissements d’Avenir » depuis fin 2011. Les fonds obtenus sont gérés par l’Université Paris-Sud et Gustave Roussy.
    Le financement de l’ANR a été octroyé pour 9 ans. À partir de 2020, l’étude E4N aura vraisemblablement obtenu de nouveaux financements, en répondant à des appels à projets, pour poursuivre le plus longtemps possible cette recherche d’envergure.